mardi 30 septembre 2008

Ouragane-moi

Factuel. Factuelle. Je suis crevée. Envie de légèreté, de beauté, de rock et de news from her.
Un peu de magie dans la vie, en somme !

Le mail de Jo

[Jo a eu le courage de m'écrire, en fait de toutes nous écrire et m'a, en quelque sorte, demandé de mettre en ligne ce mail bouleversant ... il faut avancer, chacune à son rythme et sans jugement d'autrui ... je demanderai donc à celles (et ceux) qui me lisent de ne pas laisser de commentaires désobligeants ... en tout cas, pas sur ce post.]

Très chère Leïla,

Couchée bourrée à minuit passé, je suis debout depuis plus de deux heures. Est-ce que toute ma vie sera faite d'insomnie et de plongeons brutaux dans le passé ? Je l'ignore. J'ai tenté depuis hier soir de remercier toutes les copines de leur soutien, par commentaire ou par mail. Je m'aperçois que la disparition de mon chaton a plongé tout le monde dans le malheur.

Elle était sans aucun doute la meilleure d'entre nous, et c'est hallucinant de voir comme ses rares écrits l'ont fait aimer. Car on a tendance à aimer la pureté.

J'ai eu la chance de partager son quotidien pendant quatre ans. C'est long quatre années, ça permet de se voir grandir, car on grandit à tout âge, ça permet aussi de développer ce qui n'était qu'une passion en un sentiment bien plus fort et bien plus beau.
C'est long et c'est court, car ça ne permet pas de dire tout ce qu'on ressent et à quel point on le ressent. Pourquoi on s'aperçoit qu'on n'a pas tout dit quand on ne peut plus le dire ? Trop de questions sans réponses.

Je peux affirmer maintenant que ma vie a eu un sens. J'ai existé, avec elle et grace à elle, mon passé n'est plus cet immense gachis que j'imaginais avant de la rencontrer. Il existe de part le monde très peu d'êtres capables de vous pousser à se surpasser, à donner le meilleur. Ma Sonia était de ces êtres. Quelle chance j'ai eu de l'avoir connue, de l'avoir aimée comme elle m'a aimée.

Je me dis, depuis hier soir à chaque fois que je commence à écrire, que je ne dois pas pleurer. Mais chaque fois les larmes coulent sur le clavier. Alors je ne dis que la moitié de ce que je voulais dire, et je suis obligée de continuer, donc de pleurer encore, et ça n'a plus de fin. Au point que je dois vous paraître chiante.

J'ai appris la douleur, maintenant je dois apprendre à vivre avec. Car un passé sans avenir est douloureux. Ma Sonia, si fragile en apparence était dotée d'une grande force : positiver. Le temps permettra peut-être que cette force qui l'habitait coule un jour dans mes veines.

Ton idée de faire un truc commun en faveur de mon chaton est merveilleuse et généreuse. Je vous fais confiance à toutes, sauf que la bougie ne me semble pas une bonne idée. La bougie est le symbole de la lumière, mais aussi du funeste. Sonia doit au contraire vivre à travers vos écrits.

Je ne dirai pas : j'ai tout perdu. Car vous êtes là, comme le sont mes parents et ceux de mon petit chat, et quelques personnes. Je me suis simplement perdue moi-même en la perdant elle. La vraie vie me fait peur maintenant, et je n'imagine pas retourner dans le monde réel de sitôt. Car le virtuel a cet avantage qu'on peut n'y puiser que le meilleur et faire abstraction du pire. Paroles de lacheté sans doute, pourtant seule cette lacheté me permet de tenir pour l'instant.

Tenir pour l'instant et avancer plus tard !

Voici, ma très chère Leïla, les mots que je voulais partager avec toi et nos autres amies. Tu peux la mettre en ligne sur ton blog et l'offrir à d'autres. Car je ne veux plus de commentaires sur ce qui fut notre blog. J'accepterai votre courrier, et y répondrai dans la mesure du possible. Mais notre blog à quatre mains est définitivement fermé. Si je continuais sur "je-tu-elles", je garderais ma Sonia dans le passé. Or je veux qu'elle fasse partie de mon présent et de mon avenir.

Je t'embrasse, je vous embrasse toutes

Jo

vendredi 26 septembre 2008

So toujours

J'aurais besoin de parler avec vous toutes qui lisiez le blog de Jo et Sonia ...
parce que pour moi, c'était LEUR blog, un blog à 4mains ...
je pense à Jo ...
à ce qu'elle doit vivre en retrouvant leur chez elles sans So ...
à leurs projets, au blog où il reste mille et un mots de sa chérie ...
à la douceur de So ...
à son envie de bébé, de vie ...
à leur histoire racontée par Jo dans "Toutes les chattes ne sont pas grises, même la nuit"
à la jeunesse de So ...

Je pense que la vie est souvent injuste, qu'on râle pour un rien,
Qu'on est RIEN
Que tous nos blogs ne servent qu'à nous donner l'impression qu'on est là, qu'on respire, qu'on s'en fout, qu'on baise, qu'on est des mots sur un écran pour la plupart

Oui, mais là, ce sont tous autant d'écrans qu'on a envie de péter pour un bout de 3D
Parce qu'à vous lire toutes, sur vos blogs, sur celui de son éditeur, ici, on voit bien qu'on n'est pas que des pseudos,

Derrière celui de SONIA, il y avait une jeune personne d'à peine 25 ans au compteur de la vie
"un regard noisette légèrement en amande sous des cheveux châtains mi-longs. Un nez droit annonçait la petite bouche à la lèvre supérieure relevée, plus charnue, dans le style d'Audrey Tautou",
une jeune femme qui un jour pas si lointain avait écrit ça:
"C’est marrant ça me rend plus sûre de moi de savoir que je vais porter notre enfant même si c’est pas tout de suite. je voudrais que ce soit déjà fait pour sentir mon ventre avec la vie dedans."

Voilà. Où que tu sois, ma ptite Sonia, on pense TOUTES très fort à toi !

mercredi 24 septembre 2008

FOR SONIA


Je viens d'apprendre le décès de Sonia, la douce moitié de Jo ... fauchée samedi matin dans un accident de la route ...
Je n'ai jamais su avoir les mots dans une telle circonstance, je suis nue et sans bras ... mais je tiens, Jo, à te témoigner toute mon amitié et te dire qu'il te suffit d'un mail pour que je sois présente en vrai ... j'en ai mal au ventre pour toi et toute bouleversée par cette tragédie ...
Je me sens impuissante et désemparée ... là sont les limites du virtuel ... j'aurais voulu traverser cet écran pour être auprès de toi et te soutenir de toutes les forces qu'il me reste.
Courage, courage, ma grande ! Nous serons là, présentes avec toi demain.

samedi 20 septembre 2008

Week-end en blogs: lire, réfléchir, commenter

Il y a des topics très intéressants qui courent sur plusieurs blogs, j'en ai sélectionné trois. Pour lire la suite du post, cliquez sur les pointillés.

  • Le premier nous cause de la bisexualité. C'est ma copine ambrée, Margouillat qui s'y est collée ... ce n'est pas un sujet facile à aborder et elle explique très bien cette attirance pour les 2 sexes et la difficulté d'être acceptée dans sa "bivalence":

"To bi or not to bi"
....telle est la question et pour vous apporter quelques éléments de réponses, je vais vous conter l'histoire d'une adolescente, qui s'est posée cette question existentielle, dès lors que son corps s'est mis à subir moult transformations, orchestrées par Dame Nature.Et il s'est écoulé non pas des mois, mais des années avant qu'elle n'obtienne un début de réponse à sa question. Ce fut un processus long, éprouvant, et parsemé d'embuches mais au bout duquel, elle en est sortie plus forte, plus sereine, car elle a appris à se connaître et à s'accepter. Elle ne croit pas au Prince Charmant, d'ailleurs, elle ne l'attend pas. Le temps passe et elle se rend compte qu'elle est différente de ses camarades de classe, leurs préoccupations et centres d'intérêt ne sont plus les siens: ses amies ne parlent que de garçons, ont chacune un petit copain attitré et passent leur temps libre à flirter...Elle se sent délaissée, étrangère et exclue de leur petit cercle amical. Elle se dit qu'elle pourrait faire comme toutes les autres, et se trouver un petit copain, mais elle s'y refuse car le cœur n'y est pas, l'envie non plus.Elle se surprend à regarder certaines filles différemment, son regard s'attardant trop longuement sur des parties choisies de leur anatomie.
  • Le second article est un extrait d'un grand quotidien algérien qui doit être l'un des premiers à aborder le thème de l'homosexualité:



"Nous sommes tous des passagers clandestins"

Si l’homosexualité reste aujourd’hui un tabou important, les homosexuels sont sortis de leur isolement, grâce à Internet, et une communauté discrète émerge dans les grandes villes du pays l Bien que la pratique soit définie comme « acte contre nature » et criminalisée par les articles 333 et 338 du code pénal, les homosexuels, contraints généralement à mener une double vie, tentent d’adapter leur identité à une société qui les marginalise et les tolère tout à la fois. Nous sommes devenus des experts en mensonges, des schizophrènes à l’image de la société algérienne tout entière. » (..)
  • La troisième piste de lecture que je vous propose est une interview de Virginie Despentes à propos notamment de l'état du féminisme en France et aux US sur l'excellent Mauvaise Herbe:


"King Kong Theorie: Entretien avec Virginie Despentes"




Le discours féministe français a été confisqué, dès les années 70, par des blanches bourgeoises hétérosexuelles issues des cultures religieuses. Elles ont, je crois, mis beaucoup d’énergie à bannir du féminisme toutes celles qui n’étaient pas assez correctes. Je crois qu’elles avaient beaucoup d’intêret à s’entendre avec les hommes dirigeants, en tant que maris ou collègues de travail. Il faut dire aussi qu’il y a eu une réaction extrêmement vive de la part des intellectuels hommes français à ridiculiser le féminisme, en minimiser l’intêret. Une réaction très bien relayée par la presse et la télévision. Le féminisme français s’est retrouvé un peu moribond, pas très excitant pour les gens de ma génération, tenu par des femmes beaucoup trop honnêtes et dignes. Il n’y a pas d’équivalent à la « Sex War » américaine, ou les discours ont pu s’opposer et se préciser. (...)




lundi 15 septembre 2008

Master Class

Je profite de ce jour béni où je n'ai pas cours (bah ça arrive) pour venir raconter le reste de mon week-end.
Dimanche, je suis allée voir une pièce grandiose, avec des acteurs excellents, en particulier, Marie Laforêt, que je n'attendais pas du tout dans ce rôle et dont l'énergie et la force qu'elle dégageait sur scène m'ont vraiment bluffée. D'ailleurs, elle eu droit à une standing ovation pendant une bonne dizaine de minutes.

Le pitch:
1972. Maria Callas a perdu sa voix et donne sa dernière Master Class. Parmi les auditeurs de la Julliard School of Music, le jeune Terence McNally, futur critique lyrique du New York Times, prend des notes, passionné. Il attendra vingt ans avant de retranscrire cette leçon magistrale dans sa pièce Master Class. Leçon de chant. Leçon de cheminement intérieur, d'humilité et d'amour absolu. Leçon de vie. Une diva incomparable peut-elle partager le secret intime de son idéal artistique ?


Maria Callas donne une master class devant un parterre d'étudiants confirmés ... trois d'entre eux monteront sur scène, sortant du public, comme si "nous" étions cette assemblée de jeunes interprètes lyriques attendant religieusement les conseils de la diva.
J'ai remarqué la présence d'une jeune chanteuse lyrique maghrébine (la première à monter) qui est époustouflante, j'espère qu'on la verra dans d'autres pièces ou qu'on lui proposera des rôles intéressants, des rôles surtout qui ne "l'enfermeront pas dans ses origines" ... dans la pièce, elle s'appelle Sophie et le pianiste qui les accompagne Samuel dit Sami ... à un moment donné, la langue de Marie Laforêt fourche et au lieu d'appeler la jeune élève Sophie, elle l'appelle Samia ... je ne sais pas si on était nombreux à l'avoir remarqué, mais je n'ai pas pu m'empêcher de sourire.
Il paraît que Fanny Ardant devait incarner la Callas sur scène, j'avoue que j'aurais adoré voir celle-ci dans le rôle. Rien que sa voix m'aurait subjuguée.
J'ai adoré ses soliloques, poignants ... un tout petit peu surjoués par moments, je dois dire.
Franchement, que vous aimiez le lyrique ou pas, c'est une pièce à voir. [Ash, c'est une pièce faite sur mesure pour toi.]


[Extrait de presse]
Et la comédienne reconnaît qu'elle a certains points communs avec la diva : « Nous sommes toutes deux méditerranéennes et j'adore l'opéra. Mais même si je chante, la chanson populaire n'a rien à voir avec le chant classique. Et de toute façon, je ne crois pas que l'on entre dans la peau de quelqu'un d'autre. On l'amène à soi, à ses propres émotions. Je crois que tous les artistes ont un patrimoine commun, un langage, des connaissances… Tout ce qu'elle dit, je le ressens. C'est exactement le contraire des stéréotypes que l'on fabrique à la “Star Ac”. Hier, j'ai joué Claudel, ­Audiberti ; aujourd'hui, je joue la Callas. C'est une façon de se reconnaître, de se défi nir . »
Maintenant, Marie Laforêt se refuse à faire la différence entre les trois disciplines qu'elle pratique : le théâtre, le cinéma et la chanson.

dimanche 14 septembre 2008

Tout contre moi, malgré moi

Hier, j'écoutais Bashung avec ferveur ... j'étais seule, mes calinous (mon bébé, ma copine et le sien) avaient au bout de deux heures déclaré forfait (ils se son tapés Arno, un temps d'attente et presque tout Bashung mais eux ne sont pas fans, on peut pas être parfaits, en fait, ils ont été adorables d'avoir tenu aussi longtemps et respecté mes goûts) ... j'étais donc seule et écoutais religieusement l'idole de ma jeunesse quans soudain je sens un "pic" pointer dans l'épaisseur de mon jean ... nan, je me fais des idées ... une seconde fois, pas possible, le gars doit être en érection ... une troisième fois, pas de doute possible, y a bien un immonde personnage qui tente de faire du frottis frotta contre mon derrière malgré moi.


Je me retourne brusquement pour vérifier mes allégations ... y avait un grand gaillard black qui a senti le vent se retourner contre lui et n'a trouvé d'autre réaction que de tourner la tête (lui aussi) dans la direction opposée à la scène (le truc bien louche) ... il croyait certainement que ça allait me tranquilliser ... je lui ai tapoté sur l'épaule, sans me démonter, jusqu'à ce qu'il me regarde dans les yeux et lui ai dit:
- Ne vous avisez pas de me coller à nouveau ! NE ME COLLEZ PAS !
- C'est pas moi, on me pousse derrière. [Pour info, y avait un joli flottement derrière lui, en plus d'être menteur, ce con était prévisible.]
- Je ne veux pas que vous vous approchiez de moi. Un peu de respect ! Je suis pas conne. Merde !


J'ai fait profiter tout le monde de la conversation, au cas où il aurait eu envie d'aller coller une autre.
Comme par enchantement, il est resté derrière, légèrement décalé mais a gardé une distance respectable. Quel malade ! En plein Bashung, en plus !